Musique
.... __
.... Coup de
Coeur
Many avait téléphoné plusieurs fois, et avait fini par décrocher un poste : elle ferait partie des 40 serveurs lors de l'inauguration de l'exposition de Drew Jonhson. Elle n'était pas mécontente d'elle-même. Mais la réalité l'avait bien vite rattrappée. Son proproétaire était venu pour la énième fois lui réclamer son loyer. Elle avait deux mois de retard. Et, pout le énième fois, elle lui avait répété qu'elle le paierait dès qu'elle aurait touché son salaire, c'est à dire, dans 3 semaines. Ce qu'elle avait omis de préciser, c'est que même son salaire n'était pas suffisant pour le payer. C'est pourquoi cette expo était une véritable aubaine pour elle. Cela lui permettrait même d'avancer le mois porchain, histoire d'être tranquille. Mais il fallait encore qu'elle tienne trois semaines. Trois longues semaines.
Comme tout les matins, Many se rendait au bar où elle travaillait. Elle resserra autour de son coup sa grosse écharpe noir, afin de se protéger du vent froid qui soufflait en ce matin d'octobre. La monotonie de sa vie était flagrante. Elle travaillait au café jusqu'à 10h, puis se rendait à la banque, et y bossait jusqu'à 18h. Là, elle retournait au bar pour assurer le service du soir et rentrait chez elle sur les coups de 1h du matin, tout ça pour se lever 4h30 plus tard, devant être à 6h30 au café. Elle entra, salua son patron, et partit mettre sa tenue de travail. Puis elle commenca à préparer verres et bols, pour les premiers clients affamés. Elle tenait à la main trois verres propres, lorsqu'une bourrasque de vent fit s'ouvrir brusquement la porte du bar. Le bruit sourd qui s'en suivit la fit sursauter, et elle en lâcha ce qu'elle avait dans les mains.
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Many ! Hurla son patron.
T'aurais pas pu faire attention non ?_
J'suis désolée. Je vais nettoyer, ne vous inquiétez pas._
Ils seront déduis de ta paye. Et une fois que t'auras nettoyé, t'iras aiser Jack en cuisine. Le ragard assassin qu'il lui lançait la dissuada de faire toute remarque. Elle nettoya sa bêtise, et fonça dans la cuisine.
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Tiens. Lui dit Jack en lui tendant un carton.
Ce sont les croissants, et autres amuses-
_-gueule du p'tit dèj'. Tu déballes tout, et tu les mets dans les panières. Tu mets tout les
_-croissants dans l'une, les pains au choco' dans l'autre, ... Moi, j'vais faire les pancakes.Merveilleux. La journée n'aurait pas pu mieux commencer. Elle venait de perdre 5 à 10 dollars de son minuscule salaire, et se retrouvait à trier des viénoiseries pas fraîches, pendant que "l'autre abruti" comme elle aimait l'appeler, cuisinait ses pancakes, le tout sentant une horrible odeur de friture et de nouriture défraîchie.
« Merveilleux, je crois que ça ne peut pas être pire. »
Sa relative bonne humeur matinale venait de s'envoler, aussi rapidement et soudainement que la bourasque de vent qui avait rembrunie sa journée.
●
En se réveillant ce matin-là, Jean constata qu'il s'était endormi avec le journal. Et, vu son état, il avait même dû le serrer dans ses bras. Le
New-York Times de la veille était à présent tellement froissé qu'il était quasi-impossible de le lire. Il le regarda, avec un mélange de mélancolie, et de stupefaction.
« Serrer son journal dans ses bras. J'ai pour ainsi dire l'air d'un parfait idiot. »
Il se prépara, et sortit prendre un café. Il entra dans un petit bar miteux, et s'assit au comptoir. Une jeune fille blonde, à l'air maussade, s'approcha de lui.
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J'peux prendre votre commande monsieur ? _
Un café noir et deux pancakes au sirop d'érable s'il-vous-plait._
J'vous amène ça tout de suite. Dit-elle sans le regarder, passant un chiffon sur le comptoir.
Au loin, il entendit ce qu'il prit pour le patron hurler à la jeune fille : "
Et fais pas tomber ta commande cette fois ! Trois verres, c'est déjà trop ! ". Celle-ci lui jeta un regard assassin avant de se diriger vers la cuisine, pour prendre les pancakes. Jean en eut le coeur serré. La pauvre, passer ses journées dans ce bar miteux, alors qu'elle pourrait profiter de la vie ... Ce qu'il ne savait pas, c'est que c'était pour en avoir un peu trop profité que cette jeune serveuse s'était retrouvée ici. Elle lui apporta sa commande, et s'en alla, s'en même un regard. Et, pendant qu'il buvait son café, Jean pensait. Il pensait toujours et encore à la même personne.
« Elle n'aurait pas voulu te voir ainsi Jean, ressaisis toi bon sang ! »
Enfin, plus facile à dire qu'à faire. Il regarda le fond de sa tasse, déjà vide, et engloutit ses deux pancakes. Il paya, et sortit dans la rue, loin des volutes de cigarettes et de friture qui se mélangeaient à l'intérieur. Il marcha une heure dans le froid. Il prit, comme à son habitude, son journal, et s'arrêta devant une librairie. Mais, n'ayant pas le coeur à lire, il continua sa marche. Il repassa chez lui chercher Sad, et redescendit vers Central Park. Pour y passer sa journée. Encore.
●
Nina posa un pied, puis deux dans l'immense hall d'entrée du batiment habritant les locaux du
New York Times. Impressionée, nerveuse, elle se dirigeat rapidement vers l'ascensseur le plus proche. Elle était au 5ème étage. Arrivée à destination, elle se rendit directement au bout de la salle, et s'arrêta devant une porte, sur laquelle était inscrite, en gros caractères :
A. Paxton
Rédacteur en chef.
Elle leva sa main, et frappa deux petits coups. Elle entendit alors un sonor "Entrez !", et ouvrit la porte.
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Ah ! Mlle Drawn ! Je vous attendais. Lui fit M. Paxton, affichant un beau sourire.
_
Bonjour M. Paxton._
Asseyez-vous, Mlle. Voila. J'imagine que vous avez pris connaissance de votre premier
_-sujet._
Oh oui, lui fit-elle,
la mort et l'expo de Drew Jonhson._
Oui. En vérité, je voudrais que vous me fassiez un article rétrospectif de sa vie et son
_-oeuvre, que vous complèterez par un papier sur l'exposition. Vous me rendrez le tout une
_-fois achevé. Je le voudrais dans les jours qui vont suivre l'évènement. Vous pensez pouvoir
_-y arriver ?_
Bien sûr, lui dit-elle,
je le ferrai._
Parfait ! S'en suivit l'habituelle conversation du patron à sa nouvelle venue. Il lui expliqua le fonctionnement du journal, ses horaires, ses objectifs, ses supérieurs ... Une heure après, elle sortit du bureau, et alla s'installer. Alors qu'elle regardait New-York par la fenêtre d'à côté, une personne la sortit de sa rêverie.
_
Nina Drawn ? Lui-fit-il.
_
Oui ? _
Alex Jones. Je suis ton supérieur. Il marqua une pause, l'observant, puis continua.
Moi, je suis là _-pour t'encadrer, et je te donne des sujets bateaux, type interview d'une personne,
_-reportage sur le terrain. Rien de très gros en fait. Les gros sujets, c'est lui qui te les
_-donnera. Dit-il en pointant le bureau de M. Paxton du doigt.
Alors, pour ta première journée, on _-va te donner un truc simple. Euuh ... Il regarda dans le petit calpin qu'il tenait dans sa main.
Ok. _-Il y a un discours du maire de la ville dans deux heures, à Central Park. Je voudrais que tu _-y ailles, et que tu me fasses un peu le compte rendu du discours, t'annalyses un peu tout,
_-les gens présents, absents, et tout et tout ... Tu m'écris ça, et je le veux pour la fin d'après-
_-midi, ok ? Il faut que ça parraisse dans l'édition de demain. _
Pas de problème, j'y vais._
Oh et, Nina ? La jeune fille leva la tête, et le regarda ans les yeux.
_
Bienvenue parmis nous. Et il partit, après un dernier sourire. Nina sourit, elle aussi.
« Il y a une bonne ambiance ici. C'est cool. Et June aurait surement trouvé ce Alex très mignon ... »
Elle perdit le sourire. Non, non, et non. Elle n'était pas là pour trouver un copain, mais pour bosser. Ne pas retomber dans la même dépendance que la dernière fois. Cela l'avait rendue aveugle, et elle avait, en l'espace de quelques mois, tout perdu, et tout ce pour la belle gueule d'un type qui prétendait l'aimer. Elle se ressaisit, prit de quoi écrire, et fonça vers Central Park.
●
Evie poussa la lourde porte de l'épicerie, congelée à cause du vent. Elle ne portait en tout et pour tout qu'un simple manteau, des mitaines, et une vieille écharpe, cadeau de Anna, symbôle d'une époque de bonheur et de tranquillité qui lui semblait extrêmement lointaine. Retrouver ce sentiment lui paraissait impossible, innaccessible. Désormais, elle allait devoir se débrouiller seule, vivre seule, être seule. Dans 8 mois, elle serait majeure. Dans 8 mois, le centre ne la prendrait plus en charge. Cela voulait dire plus de famille d'accueil excecrable. Mais ça voulait aussi dire plus de toit. Et ça, Evie n'y était pas prête. Pas encore.
Elle pénétra dans la miteuse petite pièce et regarda autour d'elle. Personne ne l'avait encore remarquée. Elle se racla la gorge, et se décida à parler.
_
Bonjour, fit-elle timidement,
je viens pour l'annonce.Un homme, à l'aspect rude, au ventre bedonnant, se retourna, et la considéra longuement.
_
T'as quel âge ?
_ Dix sept ans.
_ Tu sais te débrouiller ? J'veux dire, tu pourras t'occuper de clients convenablement ?
_ Oui.
_ Embauchée.
_ Je ... Je pourrai venir tout les jours à la fin des cours, est-ce que ça vous va ? Une femme, rachitique, sortit alors de la salle de derrière. Le regard froid et dur, elle considera Evie un moment, tout comme l'avait fait l'homme.
_
Tu seras ici à cinq heure, tout les soirs. Et on te paiera selon ce que tu ferras. Disons 50
_-dollars la semaine. Pour servir trois clients et ranger l'établis, pas besoin de beaucoup
_-plus. Tu commences tout à l'heure. Et soit pas en retard. La jeune fille aquiessa, les remercia, et sortit, à toute hâte de l'épicerie. Bon. Ce n'était pas super bien payé, mais ça financerait au moins son billet d'aller. Elle se débrouillerait pour le retour. Elle enfourcha son vélo, et pédala vers le lycée. Trop tard pour le bus. Et puis, le grand air lui faisait du bien. Vu l'odeur qui régnait dans son futur lieu de travail, il vallait mieux qu'elle s'oxygène. Son sac solidement attaché à son dos, elle pédalait à toute allure, afin de ne pas arriver en retard. Elle songea alors à Anna. Qu'aurait-elle pensé en la voyant ainsi, obligée de travailler dans cette épicerie miteuse, logée dans une famille qui n'en avait que faire d'elle, et flanquée d'amis qui n'en étaient pas. Une larme coula sur son visage, qu'elle essuya d'un revers de main. Non, elle s'était promis de ne plus pleurer, comme si cela pouvait la protéger contre la dureté de la vie, la rendre plus forte. Mais au fond d'elle, la vérité éclata. Seule, dans cette rue déserte, à pédaler de toutes ses forces, elle était vulnérable. Très vulnérable.
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Tadaam ! Alors, verdict ?
J'espère que ça vous plait toujours, que
vous trouvez pas ça trop monotone ou
longuet. Je vais faire quelques bonds
dans le temps après, histoire que ça
ne stagne pas trop ... Bref, j'espère
vraiment que vous aimez, et que vous
n'êtes pas déçues. Oh ! Une chose.
Pour le casting de June et M. Paxton,
regardez l'article du dessus, je l'ai rajouté.
J'avais zappé ce léger détail T_T ...Et, pour éviter cette erreur de ma part,
voila celui pour les nouveaux personnages :
Alex Jones ___ Adrian GrenierEt passez voir mon coup de coeur : cette
histoire est très belle et vaut vraiment le
détour ! Et, si vous avez le temps, regardez
le clip de la musique qui accompagne l'article.
Il est absolument magnifique !
Groos biisouxXx !